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Revue et corrigée: aurait pu faire mieux

Une représentation réduite à une heure trente, un nouveau metteur en scène, René Simard et le retour de notre chère Suzanne Champagne. Cela est-il suffisant pour rafraîchir le concept de Revue et corrigée, le regard porté sur l’année qui se termine présenté au Rideau Vert chaque mois de décembre?

 

Oui et non. On applaudit la présence de Suzanne Champagne qui nous a beaucoup manqué l’an dernier et c’est une bonne idée d’avoir voulu resserrer le rythme de ce spectacle qui, disons-le, traînait parfois avec un peu de complaisance dans certains sketches. Mais en dépit de sa courte durée il y a encore des longueurs dans Revue et corrigée et si j’ai ri à quelques reprises et souri à d’autres occasions, plusieurs textes tombaient à plat et manquaient de punch.

 

C’était une année faste, avouons-le, avec son lot de scandales/nouvelles/aberrations qui ont agrémenté notre actualité. De notre nouvelle gouverneur générale au nouveau look (hideux) de Céline en passant par la chute de quelques géants du divertissement, sans oublier les inénarrables tweets du président américain, 2017 n’a pas manqué d’absurdités sur lesquelles se pencher. Le résultat que l’on retrouve sur la scène du Rideau Vert comporte son lot de bons moments. Parmi ceux-ci, la mère surmenée qui doit gérer ses deux fils, Théo et Hubert, le premier sage et discipliné, le second indépendant et rebelle qui menace de partir à tout moment; le 50ème anniversaire de la venue du Général de Gaulle au Québec est l’occasion d’une courte réflexion sur la peur des Québécois de prendre leur destin en main; Saskia Thuot et André Boisclair se retrouvent bénévoles pour Nez Rouge et doivent reconduite Michèle Richard (et son petit chien); la tempête de mars dernier donne lieu à de jolies références à un film très, très célèbre; on se moque de la vacuité de l’animateur des Dieux de la danse et de la pauvreté du vocabulaire de Dave Morrissette et il y a un très bon numéro illustrant la mégalomanie de Régis Labaume. De son côté. Suzanne Champagne nous donne une inspirante Safia Nolin et une juge Goldwater plus vraie que nature.

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La mise en scène de René Simard est enlevée et dynamique et mise beaucoup, comme on peut s’y attendre, sur un côté comédie musicale. Les comédiens sont formidables, Martin Héroux, Julie Ringuette (quelle voix!), Marc St-Martin, Benoît Paquette et notre chouchou Suzanne Champagne se donnent à plein dans ce spectacle où tout est une question de timing. Et ils sont tous impeccables. C’est peut-être au niveau des textes qu’il faudrait revoir la donne. Et peut-être ajouter au moins un élément féminin dans cet aéropage d’hommes : penser à mettre en valeur une sensibilité différente, une fraîcheur du regard, une autre façon de rire des gens et des choses…

 

Je ne m’attends jamais à me rouler par terre pendant 90 ou 120 minutes lorsque je vais voir un spectacle comme celui-là mais j’aimerais me rappeler en riant de quelques bons moments. Il y en a quelques-uns dans ma mémoire tirés des Bye Bye, de Saturday Night Live et de sketches de Monty Python. Mais peut-être en fait que nos attentes face à ce type de spectacles sont trop élevées. Il demeure que cette année Revue et corrigée n’est pas une si mauvaise cuvée. Mais il ne faut pas s’attendre non plus à rire comme des dératés tout au long.

 

Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : François Laplante Delagrave

 

Revue et corrigé : au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 6 janvier 2018.



07/12/2017
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