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Avant l'archipel: un charme absurde

C’est un bien charmant spectacle que nous propose cette production venue de l’Ontario français présentée au Théâtre Denise-Pelletier. Avant l’archipel est un spectacle plein de fraîcheur et de trucs mignons et même si j’ai quelques bémols, il est indéniable qu’il s’agit là d’une adorable heure de théâtre qui s’adresse à toute la famille.

 

Débarrassons-nous des bémols tout de suite. Le texte d’Emily Pearlman, une dramaturge d’Ottawa, est rempli de jolis moments et est écrit dans une langue qui oscille entre le poétique et le familier mais qui fonctionne parfaitement dans la traduction qu’en a faite Danielle Le Saux-Farmer. Il y a cependant quelques trous dans cette histoire et les motivations des personnages ne sont pas toujours claires. Et le volet d’interactions avec le public, s’il est parfois amusant, est toutefois un peu casse-cou et risque de faire bifurquer la narration.

 

Mais si le texte contient quelques failles, il n’en est rien des comédiens. Danielle le Saux-Farmer et André Robillard incarnent Lénaïque la magnifique et Brévalaire spectaculaire. Lénaïque cultive des fruits dragon (ça existe, j’ai vérifié) sur une terre stérile et dans la solitude la plus totale. Elle doit verser des larmes pour  assurer l’eau dont ces fruits ont besoin. Un jour, alors qu’elle les vend au marché, elle fait la rencontre de Brévalaire, un être qui ne peut supporter les pléonasmes, et c’est le coup de foudre entre ces deux jeunes gens qui finissent les phrases l’un de l’autre et qui pensent de la même façon.

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André Robillard est ce Brévalaire d’exception, un être libre qui s’exprime à travers le chant et la danse, ami des constellations et amoureux fou de Lénaïque. Le comédien donne une performance fantastique. André Robillard possède une rare présence et un charisme fou et s’approprie ce personnage avec une fougue vraiment belle à voir.

 

Tout au long de l’heure que dure la représentation, on suit les élucubrations des deux personnages, on monte dans ce train joyeux plein d’absurdités où la perte et l’absence se pointent le bout du nez. Émaillé de blagues, de chansons et de gentilles moqueries dirigées vers le public, on se demande parfois où tout ça s’en va mais grâce à des pirouettes narratives (quoique pas toujours très transparentes) on suit ces attachants personnages dans leurs découvertes de l’amour et de l’univers qui les entoure.

 

Avant l’archipel est une histoire faite de petits riens servie par une imagination débordante pleine d’inattendu. On en ressort le cœur aérien et on se dit que ce serait bien que ce pays où on cueille l’espoir dans les arbres existe vraiment.

 

 Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : Marianne Duval

 

Avant l’archipel : Une production L’Irréductible petit peuple, en coproduction avec Le Théâtre la Catapulte et le Théâtre français de Toronto.  Au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 19 décembre 2018.



13/12/2018
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