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Des odeurs

L’été, je ne vais pas au théâtre. Je fais autre chose, je lis des romans policiers islandais, je me promène dans la ville, je vais à Ville Saint-Laurent d’où les souvenirs d’une partie de mon enfance surgissent. Je vais au musée, je parcours l’avenue du Mont-Royal. Les jours de pluie, je regarde des séries télévisées. Mais je me disais qu’il était un peu dommage que mon blogue soit laissé à l’abandon pendant ces mois où je n’écris pas sur le théâtre. Je vais donc essayer d’écrire sur autre chose. Et mon premier choix s’est arrêté sur les odeurs.

 

Enfants, au Saguenay, nous allions aux noisettes au mois d’août. Les mains protégées par des gants, nous nous rendions dans le bois et ramassions des quantités de ces noisettes que nous savions si bonnes sous leurs abords rébarbatifs. Car la noisette est protégée par une enveloppe hérissée de piquants et une fois revenus, un de mes cousins mettait toute notre récolte dans une poche de jute et la battait contre le ciment en face de la grange pour briser cette enveloppe et en faciliter le décorticage. C’est mon plus ravissant souvenir d’odeurs. À mesure que le jute se mouillait et que les enveloppes des noisettes se défaisaient, un parfum unique d’amande se répandait autour de nous, le parfum de l’insouciance et du bonheur.

 

Les noisettes, c’est ma madeleine à moi. Je suis bien incapable d’écrire trois mille pages sur toutes les évocations qui me viennent en tête lorsque je repense à cette odeur (et je ne le veux pas non plus) mais je comprends parfaitement le pouvoir de cette mémoire si particulière toujours liée à l’enfance. Il y a des odeurs qui nous révulsent, d’autres qui nous enchantent. Je porte le même parfum depuis 35 ans, qui est un peu ma signature mais il y a aussi une anecdote où, semble-t-il, je ne sentais pas bon.

 

C’était au début de ce siècle, dans une classe d’histoire de l’art à l’université. Le professeur était entré au premier cours en portant un masque et nous avait demandé de ne pas mettre de parfum les jours où nous avions cours avec lui car il y était sévèrement allergique. J’étais assise à l’avant, en élève studieuse que je suis. Il me regarde et me dit, d’un ton épouvanté : Vous fumez! Je réponds que oui. Il me dit d’aller m’asseoir le plus loin possible de lui. Je précise qu’il était bien évidemment interdit de fumer à l’intérieur de l’institution et que le professeur, à au moins trois mètres, avec sa sensibilité exacerbée avait senti sur moi, mes vêtements, mes cheveux, l’odeur de la nicotine.

 

Ce fut profondément humiliant. Je me suis rarement sentie aussi ostracisée, moi et mes vapeurs délétères, que lors de cet épisode : jugée, écartée, rejetée comme une lépreuse ou comme un être coupable d’actes d’une indicible monstruosité. J’ajouterai que ce professeur avait fait son doctorat sur les poinçons d’argenterie sous le Régime français (parlez-nous des vraies affaires…) et qu’il nous avait donné un cours là-dessus, cours pendant lequel je m’étais endormie.

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Sur la rue Saint-André, en mai, je déambule. Une jeune femme et son petit garçon marchent vers moi. La mère s’arrête soudain et dit à l’enfant : Respire, ferme tes yeux et respire!  Il y a un gros massif de lilas à deux pas et la brise se charge de le faire savoir. Je me prends à souhaiter que ce moment reste imprimé dans la mémoire de l’enfant, un moment de poésie pure que sa mère lui fait partager.

 

Je terminerai avec cette phrase de Colette qui capture toute l’étendue de ce savoir olfactif, de ces souvenirs qu’il fait surgir dans les occasions les plus surprenantes et qui nous laisse complètement désarmés : Colette marche dans le sud de la France, près de sa maison de Saint-Tropez, elle s’arrête soudain, comme la mère de la rue Saint-André et elle écrira ensuite ce qu’elle a ressenti : Le parfum qui défait tous les courages, l’odeur des orangers en fleurs. À un siècle de distance, les deux femmes ont vécu le même inoubliable moment.

 

Marie-Claire Girard

 


28/05/2018
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Trahison: No drama, please, we're British

J’aime bien ces histoires qui sont des drames mais qui n’en ont pas l’air. Et rien de mieux que la légendaire stiff upper lip britannique pour cristalliser ce concept du stoïcisme avant tout. Pas de cris, ni de hurlements, pas d’insultes non plus. Mais il n’est pas dit que la douleur et la peine soient moins intenses.

 

C’est ce qui se joue sur la scène du Rideau Vert avec Trahison d’Harold Pinter, l’histoire somme toute banale d’un mari trompé par sa femme avec son meilleur ami. En une heure quinze, on remonte le temps pour assister à la genèse et à l’évolution de cette relation clandestine qui va durer sept ans. Une relation que je qualifierais de paisible, sans éclat ni moments de folle passion. Rien ne verse dans la tragédie, personne ne se suicide, il n’y a pas non plus de reproches sauvages qui sont échangés. Les protagonistes évoluent dans le domaine de l’édition, avec ses codes et ses jugements, ils sont littéraires et brillants et seraient à leur place dans le Bloomsbury de Leonard et Virginia Woolf. Mais même les gens éduqués qui croient manier un riche vocabulaire se retrouvent démunis lorsqu’il s’agit d’exprimer ce qu’ils ressentent. Il faudrait d’autres mots et d’autres concepts. Pinter joue avec cela et tout est dans le non-dit et dans la subtilité du jeu des comédiens.

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Le décor de Pierre-Étienne Locas est tout de sobriété, comme le texte d’ailleurs. Une plate-forme de bois sur la scène, des murs nus qui vont se transformer en différents lieux grâce aux éclairages judicieux d’André Rioux, des costumes de Mérédith Caron qui font années 60 et 70 mais pas trop, évitant ainsi d’inscrire trop fortement ce qui se passe dans une époque alors que de tout temps les femmes ont trompé leur mari et vice-versa. Tout contribue à mettre l’accent sur ce que disent les comédiens. Et à la mise en scène, Frédéric Blanchette dirige en finesse et en nuance ce trio d’acteurs qui doivent être follement heureux de jouer dans une telle pièce. Julie Le Breton, Steve Laplante et François Létourneau sont excellents. C’est dans un petit geste involontaire, dans une expression de visage, dans une phrase apparemment innocente que le sous-texte surgit. Ils sont à la fois simples et une petit peu inquiétants, concrets mais incertains. Et peut-être parce qu’ils sont anglais, la passion ne se déchaîne jamais.

 

Je qualifie le théâtre de Pinter d’écriture avec des sous-titres. Ou en trompe-l’oeil  C’est ce qui n’est pas écrit ni dit qui transparaît et qui est le plus important, dans un mélange d’absurde et de réalisme. L’humour découle de remarques sardoniques et d’une vertigineuse ironie, sans que jamais n’apparaisse un questionnement sur la nature de l’amour et sur les écueils rencontrés par les couples. Dans un espace clos et que les personnages croient rassurants, leur incapacité à communiquer saute aux yeux alors qu’ils tentent de le faire avec des outils inadéquats. Leurs dialogues ne sont qu’une autre version d’un silence qui dérobe tout ce qui devrait être dit et qui ne l’est pas. Ces gens vivent sans rêve mais aussi sans colère, dans une absence de cruauté aussi mais avec une tolérance qui, loin d’être admirable, donne l’ampleur du désastre de leur résignation.  Il n’y a pas de révélation sensationnelle, de drame affreux mais Trahison frappe d’autant plus fort. Et c’est probablement parce que la pièce frappe juste.

 

 Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : David Ospina

Trahison : au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 8 juin 2018.


15/05/2018
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Lamelles: beau, étonnant, étrange

Quelque chose de très beau et de très nouveau se passe sur la scène de l’Usine C ces jours-ci. Cédric Delorme-Bouchard, dont j’ai pu admirer la créativité à plusieurs reprises dans les pièces dont il faisait les éclairages, a créé ce spectacle unique et audacieux, Lamelles, où il explore le corps comme je ne l’avais jamais vu. Et c’est justement la force de Lamelles : nous faire voir les choses sous un angle auquel on n’a jamais pensé.

 

Il n’y a pas d’histoire, pas de narration. Sur un fond de rideau noir, des parties de corps apparaissent, magnifiquement éclairés, mis en exergue par cette lumière dorée qui leur confère une richesse et une dimension les amenant dans un ailleurs un peu étrange, un peu inquiétant. La musique de Simon Gauthier vient souligner ce qui se passe, car il se passe quelque chose.

 

Des bras, des jambes, des mains, des torses, des têtes, qui deviennent monuments, statues, évoquant pour moi Arno Breker, Myron, le Contra Posto, la guillotine, des insectes, des créatures venues, qui sait, d’ailleurs. Les éclairages mettent en pièce les corps et les magnifient, leur apportant une autre signification. C’est un découpage conceptuel au sein d’un exercice formel qui, loin d’être obscur, abstrait ou difficile d’accès, se révèle résolument séduisant et fascinant. Ces membres et ces parties de nous que nous prenons pour acquis, auxquels nous ne pensons pas ou peu, sont ici désincarnés, pris en soi, individualisés.  Ce qui les amène vers une autre justification.

Tout est dans le regard et dans ce que l’on nous montre. Les éclairages sophistiqués rendent parfois presque monstrueux ce qui ne l’est pas nécessairement dans la vie de tous les jours. Des doigts qui marchent sur le sol, jeu auquel se livrent les parents avec les enfants, deviennent inquiétants, au seuil du film d’horreur. Des jambes se transforment en lettres de l’alphabet, en temples, en os de poulet porte-bonheur, un torse se métamorphose en visage. C’est étrange. Et très beau.

 

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Cédric Delorme-Bouchard propose ici quelque chose de résolument différent qui ne peut qu’être une inspiration pour les créateurs. La lumière, sans laquelle nous n’existerions pas, devient le point d’ancrage et le fil conducteur d’une expérience unique. J’aimerais voir ce concept intégré à une narration, à un texte.

 

Le spectacle Lamelles dure une heure et c’est parfait. À aucun moment je n’ai eu à me creuser la tête pour trouver une signification, tout arrive facilement et harmonieusement sans que le spectateur n’ait à se livrer à de multiples contorsions cérébrales. C’est une expérience esthétique et intellectuelle que j’ai beaucoup appréciée, qui m’a amenée à réfléchir sur ce qui définit notre humanité lorsqu’on pense au corps : la somme de ses parties ou des bribes, des détails, que l’on peut regarder hors contexte…et, vraiment, comme cela peut être bizarre, une jambe ou un bras ou une main quand on y pense un peu. Car Lamelles nous apprend qu’on ne sait pas toujours voir.

 

Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : Maxime-Robert Lachaîne

 

Lamelles : à l’Usine C jusqu’au 4 mai 2018.  Avec une supplémentaire le 5 mai à 16h. 


03/05/2018
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Alpha & Omega: oh boy!

Ce que j’ai vu à l’Espace Libre, cet Alpha & Omega écrit par Christian Vanasse, m’a rappelé de ces pièces d’élèves du Secondaire qui ont écrit n’importe quoi et qui ont monté un spectacle sous la direction totalement inadéquate d’un prof de théâtre vraiment poche. Alexis Martin et Daniel Brière font partie de cette production, l’un comme conseiller à la dramaturgie et l’autre à la mise en scène. J’écris ça et j’ai envie de mettre mon front sur la table et de pleurer.

 

Dans un décor futuriste, avec des gadgets lumineux et des costumes inspirés par les films de science-fiction des années 50, une équipe de scientifiques québécois (qui viennent de Saint-Armand ou de Shawinigan) se dirigent dans une capsule vers le centre de la terre pour récupérer un minerai rare, l’Actium. Ce que ça fait, l’Actium, n’est pas clair mais ça semble posséder de grandes vertus. Ce huis-clos à cinq personnages est supervisé par Domo, le robot à la voix désincarnée. C’est lui qui va inviter ponctuellement le public à utiliser le téléphone cellulaire afin de choisir entre plusieurs possibilités lors du déroulement de ce que je n’ose appeler l’action. Eh oui! Pour une fois, on ne nous dit pas de fermer nos téléphones avant une représentation. Le nœud de l’affaire, si on peut dire, réside dans le fait que Wong, la responsable de la sécurité qui parle un insupportable mélange de français et d’anglais, va tenter de récupérer les travaux de l’équipage au profit de la Corporation pour laquelle elle travaille secrètement.

 

Après vingt minutes j’ai constaté que le tout manquait singulièrement de ressort dramatique, de rythme et de quelque élément que ce soit susceptible de susciter mon intérêt. Ça ne s’est pas amélioré par la suite: on est tombé de Charybde en Scylla. Plusieurs fois.

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Ce texte, qui n’a rien d’immortel, est truffé de lieux communs sur l’utilité des machines, sur les bienfaits de la cybernétique, sur l’altruisme de l’humanité, sur la recherche subventionnée par les gouvernements et qui sert ultimement les intérêts corporatifs.  De temps en temps, un jargon scientifique incompréhensible parsème les dialogues. J’oubliais! On cite aussi Nietzsche et Baudelaire et il y a une pub de bière. Et lorsque l’auteur ne savait plus quoi faire, il a eu l’idée de laisser le public choisir entre trois possibilités qui n’ont aucun rapport avec quoi que ce soit. Les comédiens doivent alors improviser sur le thème choisi ce qui donne lieu à des ruptures de ton, à des dérapages, à une séance de karaoké et à des passages vraiment longuets et totalement dépourvus d’intérêt. Ne s’improvise pas improvisateur qui veut, qu’on se le dise.

Tout est puéril là-dedans : les thèmes, la fabrication et le rendu; les personnages sont caricaturaux, c’est mal écrit, mal joué, mal foutu et on ne peut pas parler de mise en scène dans ce fatras, dans cette histoire sans queue ni tête où les comédiens semblent complètement perdus.

 

Remarquez, peut-être que je n’ai rien compris et qu’il y a un deuxième degré là-dedans que je n’ai pas trouvé comme il y en a un, semble-t-il dans le film Starship Troopers (je cherche encore). Peut-être qu’Alpha & Omega se veut la dénonciation de la technologie et du fait qu’on perd un temps fou avec des âneries, comme j’avais la très nette impression de perdre mon temps dans la salle ce soir-là. Peut-être. Mais technologie ou pas, rien ne remplace une bonne histoire et ici il n’y a strictement rien qui ressemble à ça.

 

J’ajouterai en terminant que tous ces palabres inutiles et ennuyeux autour de l’Actium m’ont rappelé la bataille du même nom, en 31 avant Jésus-Christ qui opposait Octave à Marc-Antoine et Cléopâtre. Octave a gagné et est devenu César Auguste. Cet Actium-là était pas mal plus intéressant.

 

Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : Marlène Gélineau Payette

 

Alpha & Omega : Une production NTE et Urbania, à l’Espace Libre jusqu’au 19 mai 2018.


30/04/2018
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Le tigre bleu de l'Euphrate: Emmanuel le Grand

Un décor de murs de béton disant l’enfermement d’un tombeau et parfois de la vie elle-même, un lit au milieu de la scène évoquant le catafalque, un éclairage diffus et Emmanuel Schwartz. C’est tout ce dont on a besoin sur la scène du Quat’Sous pour pénétrer l’univers d’Alexandre le Grand grâce au magnifique texte de Laurent Gaudé mis en scène par Denis Marleau.

 

Il s’agit là d’un spectacle d’exception : pendant une heure trente, devant des spectateurs fascinés, Emmanuel Schwartz va réussir à nous présenter les différentes facettes de cet homme complexe mort à 32 ans en 323 avant Jésus-Christ après avoir conquis et unifié un immense territoire qui se rendait jusqu’aux portes de l’Inde. Maîtrisant parfaitement le texte riche et ample de Laurent Gaudé, le comédien en extirpe le rythme et la poésie, transfiguré dans ce rôle qui lui va comme un gant.

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La mise en scène de Denis Marleau, qui a déjà dirigé le comédien dans l’excellent Misanthrope  de Molière présenté au TNM la saison dernière, fait en sorte qu’Emmanuel Schwartz devient le vecteur du discours. Tous ses gestes ont une signification, toutes ses poses se justifient, toutes les expressions de son visage trouvent un écho dans ses paroles et la proximité de la salle du Quat’Sous se révèle infiniment précieuse lors d’une performance comme celle-là. Le public est happé par ce que le comédien dit et par ce qu’il fait.

 

Aristote, le précepteur d’Alexandre le Grand, le plus savant des hommes, lui avait fait apprendre par cœur de grands passages de l’Iliade qui est, rappelons-le, une histoire formidable. Et d’abord et avant tout, la pièce met en exergue le pouvoir du verbe. La voix d’Emmanuel Schwartz est envoutante et veloutée, mais alors qu’il crie, vocifère, murmure, module, caresse, séduit et nous intimide aussi parfois, il nous rappelle d’une irrésistible et prenante façon que bien raconter c’est l’art de tenir son auditoire dans le creux de sa main. Et le pouvoir d’évocation est inouï en particulier lorsqu’Alexandre raconte sa rivalité avec Darius, le roi des Perses, le premier qui lui a donnée la gloire alors que les victoires remportées donnent le coup d’envoi à une série de spectaculaires conquêtes. Mais pour Alexandre, les territoires conquis devaient aussi conserver un souvenir tangible de son passage : phare et bibliothèque d’Alexandrie, palais, réfection de monuments et de temples détruits, efforts considérables pour rallier et intégrer les cultures d’Orient à celles de l’Occident sans velléité de les annihiler. Je crois bien que les Romains retiennent cette leçon lorsqu’ils édifient leur Empire un peu plus tard.

 

Mais ce type de conquête ne se fait pas dans la délicatesse. Alexandre réfléchit sur les massacres, sur les batailles qui font tant de victimes, sur la sauvagerie inhérente au combat. Et il ne peut s’empêcher de voir l’absurdité de tout cela, lui qui est responsable de la mort de centaines de milliers de gens. Cherchant peut-être une consolation ou une justification, ce grand garçon privé d’enfance la trouve dans ses visions de ce tigre bleu de l’Euphrate, animal métaphorique qui incarne peut-être les fleuves de l’Irak, le Tigre et l’Euphrate, ces frontières qu’il faut dépasser pour se rendre à ce qu’il croit être le bout du monde. Afin de laisser une marque qui ne sera jamais oubliée.

 

La mort est au bout de la route, la vie tout entière est une marche vers cette fin. On peut vaincre la mort en laissant aux générations futures un exemple, des actions d’éclat, de la musique, un poème. Alexandre le Grand a choisi d’être un guerrier victorieux contre la nuit avec une force et une beauté graves. Il explora les sphères les plus âpres et les plus spectaculaires de l’expérience humaine. Il devint immortel et il mourut.

 

 

Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : Yanick Macdonald

 

Le tigre bleu de l’Euphrate : Une production du Théâtre Ubu en collaboration avec le Théâtre de Quat’Sous, au Quat’Sous jusqu’au 26 mai 2018.


26/04/2018
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