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Conversations avec mon pénis: et pourquoi pas?

C’est la première fois que j’allais à un 5 à 7 de La Licorne, une parfaite et courte expérience théâtrale où la représentation débute à 17h30 et où le billet inclut une bière et un pogo. Si j’y suis allée c’est en grande partie à cause de Marc-André Thibault, excellent comédien, traducteur et metteur en scène de pièces de Martin McDonagh (L’ouest solitaire, Les ossements de Connemara). Conversations avec mon pénis avait d’abord été présentée au Zoofest en 2016. La pièce de l’auteur néo-zélandais Dean Hewison a été traduite et adaptée par Marc-André Thibault et mise en scène par David Strasbourg.

 

Étant femme, je serais bien en peine d’expliquer la relation exclusive et parfois tordue qu’entretiennent les hommes avec leur pénis, cet appendice qui leur pend entre les deux jambes et qui occupe une importance, disons-le, parfois démesurée dans la vie des êtres de sexe masculin. C’est un outil de procréation, bien sûr, mais aussi de plaisir et de domination, ces deux dernières fonctions prenant souvent le pas sur la première.

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Tom (Marc-André Thibault) s’entretient avec son pénis, ici incarné par la délicieuse Mary-Lee Picknell dans un costume aussi absurde qu’évocateur. De l’adolescence où Tom juge son engin trop petit jusqu’à l’aube de la vieillesse où ça fonctionne pas mal moins, Tom et son pénis discutent, s’insurgent, s’interrogent et se remettent en question dans des dialogues amusants qui ne sont pas exempts de réflexion. Le langage est cru et réaliste mais jamais vulgaire avec des jeux de mots, des blagues de pénis et un humour bien masculin qui rejoint cependant le public féminin. Dans la salle de répétition de La Licorne où a lieu la représentation, l’atmosphère est conviviale et chaleureuse, la proximité avec les comédiens et la scène meublée d’une table et de deux chaises y étant pour beaucoup.

 

Le pénis se mêle de tout et a des opinions. À 35 ans Tom, qui est fiancé, connaît alors qu’il est saoul une courte et intense séance de sexe dans les toilettes d’un bar et se retrouve avec une maladie transmise sexuellement. Oh boy! Le dire à sa fiancée ou pas? Et alors que Tom et le pénis se blâment mutuellement, ce dernier souligne que c’est le cerveau de Tom qui se doit s’être le compas moral dans de semblables situations. Et vlan! Pour tous ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur queue…Une finale hilarante et surprenante couronne cette représentation où les deux comédiens nous ont charmés tout au long de ce récit couvrant les différents âges de la vie, un récit qui résonne vrai et qui n’est pas dépourvu d’insolence ou de profondeur.

 

Je dois avouer que ce pénis est certainement le plus charmant que j’ai jamais rencontré. Grâce à lui, nous abordons tous les aspects de la sexualité et de la santé d’un homme, nous vivons toutes les émotions qui font de cette partie du corps le dispensateur de tant de joies mais aussi de tant de craintes et de peurs. Je ne crois pas qu’une femme puisse jamais comprendre cette relation plus qu’intime qui unit un homme à son pénis mais c’est une histoire qui mérite bien, je crois, d’être racontée.

 

Marie-Claire Girard

 

 

Crédit photo : Andrée-Anne Brunet

 

Conversations avec mon pénis : Une production Théâtre Bistouri, aux 5 à 7 de La Licorne jusqu’au 26 octobre 2018.


17/10/2018
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Bonne retraite, Jocelyne: attentes déçues

Au cours des deux ou trois dernières années je me disais qu’il était bien dommage que Fabien Cloutier n’écrive pas pour le théâtre. Je vois ce diable d’homme partout à la télé, je l’entends à la radio et regrettais de ne pas avoir de texte du calibre de Billy (Les jours de hurlement) ou Pour réussir un poulet à me mettre sous la dent. J’étais sortie de ces pièces sonnée et j’y repense encore. C’est donc après une longue attente et des frétillements de bonheur que je me suis pointée à La Licorne pour Bonne retraite, Jocelyne. Mais je fus déçue.

 

Mentionnons tout d’abord que tous les comédiens sont excellents dans ce casting impeccable. Ils sont neuf sur scène et avec un texte aussi décousu où n’importe qui dit n’importe quoi de pas rapport, je m’incline devant le travail titanesque qu’ils ont effectué. Josée Deschênes est une parfaite Jocelyne, fonctionnaire depuis trente ans qui décide de prendre sa retraite et qui réunit toute sa famille pour leur annoncer la nouvelle.  Sa sœur Brigitte (Brigitte Poupart), mariée à Jean (Claude Despins) est obsédée par l’argent et jalouse de Jocelyne qui a eu plus de chance professionnellement; son frère Justin (Éric Leblanc, sous-utilisé) et sa femme Jeanne (Sophie Dion, extraordinaire en nounoune de service) en arrachent financièrement. Ils ont un fils, Keven (Vincent Roy, candide et touchant) affligé d’un retard intellectuel qui fait le ménage au zoo pour gagner sa vie. Paul (Jean-Guy Bouchard) est l’autre frère de Jocelyne au sujet duquel on se demande s’il n’a pas, lui aussi, des problèmes de quotient et dont la conversation se résume à une enfilade de lieux communs et de clichés. Finalement, il y a les deux filles de Jocelyne, Ève (Lauren Hartley) et Viviane (Lauriane S. Thibodeau).

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Tous ces personnages sont très typés : la bitch, la niaiseuse, le bon gars, le mon oncle épais, la fille égoïste…La pièce s’amorce avec un jeu de charades débiles et se poursuit avec une discussion échevelée sur les autistes, les Aspergers et les TDAH remplie de coqs à l’âne, de commentaires niais et de réflexions d’une stupidité colossale. Personne n’écoute personne, tout le monde dit n’importe quoi en le criant préférablement ce qui fait, d’ailleurs, qu’on perd des répliques. Jusqu’au moment où les reproches commenceront à fuser et où les cadavres d’événements pas très jolis seront déterrés.

 

On se rend bien compte au fur et à mesure que les autistes, Aspergers et TDAH ne se retrouvent pas seulement dans la conversation. Les personnages, sauf peut-être Jocelyne et ses filles, qui semblent relativement saines d’esprit ont tous quelque chose qui cloche dans le cabochon. Mais je ne suis pas sûre que c’est vraiment de cela que Fabien Cloutier veut traiter, de cette famille dysfonctionnelle touchée à divers degrés par la maladie mentale, car il rempile un paquet d’autres sujets censés, je présume, illustrer son propos.  En résulte un fouillis où une chatte ne retrouverait pas ses petits.

 

Il y a aussi le décor que je n’ai pas compris. Cela se passe, je crois bien, dans la cour arrière de la maison de Jocelyne, alors pourquoi ces palmiers? Mmmmm?

 

Il y a tout de même quelques répliques qui font mouche, où on dit beaucoup avec peu de mots et où on s’esclaffe tout en riant jaune. Mais il manque à cette pièce un fil conducteur puissant qui éviterait l’éparpillement.

 

L’œuvre de Fabien Cloutier est au théâtre ce que la scène de genre est à l’art : des sujets anecdotiques ou familiers dans lesquels le public se retrouve mais avec cette dimension qui fait de ces personnages des prolétaires ou des bourgeois qui se retrouvent soudainement égarés dans une tragédie de Shakespeare. Il avait réussi ça très bien dans les précédents textes. Avec Bonne retraite, Jocelyne, on retrouve le don d’observation à nul autre pareil mais il y manque du polissage et du fignolage pour faire passer de l’électricité dans le contenu émotionnel, pour pulvériser complètement notre foi dans la nature humaine, pour nous faire toucher le fond afin que nous puissions remonter.

 

Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : Suzanne O’Neill

 

Bonne retraite, Jocelyne : Une production de La Manufacture en collaboration avec le Théâtre du Trident et le Théâtre Français du Centre National des Arts, à La Licorne jusqu’au 10 novembre 2018, avec des supplémentaires du 4 au 15 juin 2019.


11/10/2018
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Je suis mixte: Heureusement, il y a Yves Jacques

Je suis mixte  de Mathieu Quesnel débute plutôt lentement. Ça va prendre un gros 45 minutes avant que l’on sache de quoi il retourne exactement, 45 minutes pendant lesquelles il y aura du cabotinage, des interruptions, des retours sur le texte et les élucubrations d’un mon oncle tannant qui joue avec les lumières. Finalement, on apprend que François (Benoit Maufette), trentenaire de Drumondville qui travaille dans l’entreprise familiale de nettoyage industriel, casé dans une petite vie ronronnante avec femme, enfant, bungalow, piscine hors-terre et thermopompe connaîtra une illumination lors d’un voyage d’affaires en Allemagne.

 

Un séjour à Berlin en compagnie d’un musicien allemand rencontré par hasard sera le déclencheur d’une remise en question. Mais on ne parle pas ici d’une gifle existentielles provoquée par la culture, l’art ou la musique mais bien d’une visite dans un sauna berlinois où tout le monde est tout nu ce qui sera l’occasion de décrire abondamment des corps féminins. François ne voudra plus retourner à sa vie d’avant, il va revivre une adolescence composée de baises, de beuveries et de parties de ping-pong, rongé tout de même de culpabilité lorsqu’il pense à sa petite fille de quatre ans.

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Comment François fait pour vivre à Berlin n’est pas très clair. Il crèche chez le musicien et ferait de la Performance, passant du nettoyage industriel à l’expression théâtrale le temps de crier lapin. Ce qui m’est apparu assez invraisemblable pour un type aussi ordinaire qui n’est habité par aucune passion particulière. Finalement son oncle (Yves Jacques) le rejoint à Berlin, la grande question étant : retourner à Drumondville ou demeurer en Europe.

 

C’est un grand bonheur que de voir Yves Jacques sur scène, ce qui n’est pas fréquent. Le registre exceptionnel du comédien est un petit peu exploité puisqu’il joue aussi le musicien allemand mais c’est dans la peau de l’oncle qu’il a manifestement le plus de plaisir et qu’il nous en procure tout autant. Yves Jacques est vif, drôle et charismatique. Follement amusant, il chante aussi très bien accompagné de Navet Confit qui met son grain de sel dans cette histoire.  La performance de ce très grand comédien souligne cependant la banalité du rôle de son neveu.

 

Et je crois que le problème majeur de cette pièce réside dans le texte de Mathieu Quesnel. Les motivations de François, à part faire le party, ne sont jamais claires. Je l’ai dit, ce personnage est terriblement falot et inintéressant et son questionnement demeure uniquement en surface. Je n’ai pas cru une minute à son soi-disant malheur ou à sa quête pour on ne sait trop quoi. Pour lui, la libération, la liberté, semblent passer par la nudité mais le comédien ne semble pas du tout à l’aise dans sa peau et on ne peut pas vraiment dire que le corps exulte. L’oncle, par contre, véhicule une urgence de vivre, une soif d’aventures qui font de ce notaire retraité un personnage multidimensionnel, à la fois rêveur et lucide.

 

Je ne sais pas où Mathieu Quesnel voulait en venir avec cette histoire d’ado attardé narcissique fuyant ses responsabilités. La fin, volontairement ambiguë, n’indique d’aucune façon le choix que fera François. On sort de là ravis d’avoir vu évoluer Yves Jacques sur une scène et on en aurait pris davantage. Pour le reste…bof.

 

Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : Renaud Pettigrew

Je suis mixte : Une production Tôtoutard en collaboration avec La Manufacture, à La Licorne jusqu’au 26 octobre 2018.

 


03/10/2018
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Les fées ont soif:Oui!

Ce texte coup de poing de Denise Boucher est demeuré en dormance pendant 40 ans et je n’en reviens pas. Je ne vais pas raconter la controverse qui a entouré sa production en 1978, je crois que le Québec de cette époque n’était pas prêt à recevoir Les fées ont soif. Mais lors de la représentation que j’ai vue au Rideau Vert, j’ai pensé à Me Too, au juge Kavanagh, au Women and power de Mary Beard, à tout ce qui se passe avec la prise de parole des femmes et au fait que ce texte est on ne peut plus actuel.

 

La scène d’ouverture est saisissante : la Vierge, la Mère et la Putain, dans des costumes qui les encarcanent et qui exacerbent leurs attributs respectifs se tiennent devant nous, symboles des trois rôles que doivent nécessairement endosser les femmes afin de se plier aux règles du patriarcat. La musique tribale qui accompagne ce tableau nous rappelle que c’est depuis l’aube de l’humanité que ce principe a été établi et que c’est à nos risques et périls qu’on choisit de le contester. S’ensuit l’histoire de l’étouffement et de l’oppression des femmes à travers la maternité, la sexualité et la religion.

 

Bénédicte Décary, Caroline Lavigne et Pascale Montreuil sont sensationnelles. Il y a, je crois, chez ces trois comédiennes, le sentiment de participer à quelque chose de plus grand qu’elles-mêmes, de continuer à écrire une page d’Histoire et la conscience d’un présent âpre qui ne devrait cependant pas mettre de l’ombre sur l’avenir. Admirablement dirigées par Sophie Clément (qui était de la première mouture de la pièce) le travail sur le corps, la voix, les gestes, les sentiments, tout l’être, se retrouve au service de ces rôles exigeants qu’elles défendent avec une rare conviction. Navigant entre l’humour et la représentation très dure de la violence auxquelles sont soumises les femmes, le texte est un dosage parfait pour nous faire comprendre qu’elles ont été, de tout temps, colonisées par les hommes. Mais à la fin, on leur tend la main à ces hommes, on les invite à se joindre à cette révolution qui amènerait la moitié de l’humanité à occuper sa juste place, sans rancœur, sans domination comme sans soumission.

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Car Denise Boucher laisse entendre avec raison que ces rôles figés dans lesquels on cantonne les femmes sont le résultat de la peur des hommes face à cette puissance, à ce pouvoir inouï que possède le sexe féminin de donner la vie, de mettre au monde. Au 19ème siècle, la femme idéale était jeune, belle et morte. Des représentations picturales montrent des femmes avec un vagin muni de dents qui va avaler, mutiler, castrer l’homme. Représenter le féminin comme un lamentable fléau, lui refuser l’accès à l’éducation et au savoir a été une arme très efficace pour imposer le silence et empêcher son accession au pouvoir.

 

 Je vois une soixantaine de pièces de théâtre par année depuis une décennie. Je compte sur les doigts d’une main celles qui ont provoqué chez-moi une véritable catharsis. Les fées ont soif  est de cet acabit et le résultat a été le même pour la jeune femme qui m’accompagnait. Nous sommes sorties complètement remuées, les larmes aux yeux, vidées d’un million d’émotions contradictoires, à la fois heureuses et en colère, conscientes d’avoir vu quelques chose d’unique et d’extrêmement important.

 

C’est tendre, c’est dur, c’est musical, c’est cru, ça parle fort, ça dénonce, c’est un tour de force, c’est formidable. Denise Boucher est une visionnaire, une sorcière et une magicienne. Elle a écrit quelque chose de douloureux mais aussi rempli de lumière. Je m’incline bien bas devant elle.

 

Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : Jean-François Hamelin

 

Les fées ont soif : au Rideau Vert jusqu’au 10 novembre 2018.  C‘est complet mais il y a des supplémentaires.


29/09/2018
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Prouesses et épouvantables digestions du redouté Pantagruel: Mais où est le Rabelais que j'aime?

Cette production, la première de la saison dans la grande salle du théâtre Denise-Pelletier, s’inspire de Rabelais. Et si j’ai admiré la qualité des décors, des costumes et des éclairages de Prouesses et épouvantables digestions du redouté Pantagruel, je ne peux pas en dire autant du texte qui m’a laissée sur ma faim.

 

Bien sûr, l’œuvre de Rabelais est gigantesque, touffue, remplie d’artisanat linguistique et de situations grotesques. De son vivant, au 16ème siècle, son œuvre a été interdite pour obscénité. Mais il y a aussi chez cet écrivain les thèmes du respect de la nature, de la diversité, de l’amour de la liberté et le refus des contingences et des diktats qui entravent la pensée et le plaisir simple de vivre, de boire et de manger. Gabriel Plante ne semble avoir retenu que le côté scatologique et irrévérencieux de Rabelais, oubliant l’humanisme de cet homme qui était, ne l’oublions pas, un homme de la Renaissance.

 

Trois personnages, Le Pèlerin (Paul Ahmarani), Frère Jean (Nathalie Claude) et Ponocrate (Renaud Lacelle-Bourdon) se retrouvent dans l’estomac du géant Pantagruel après avoir été avalés par celui-ci. Ils seront rejoints par Panurge (Cynthia Wu-Maheux) et vont deviser principalement sur les pets et la merde, n’évitant aucune allusion, souvent très littérale, à ces fonctions naturelles. Le résultat s’avère grossier, parfois vulgaire et ne suscite pas beaucoup d’hilarité.

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Dany Laferrière prête sa voix à Rabelais qui fera une apparition à la fin de la pièce en amalgame du bonhomme Pillsbury et du Bibendum de Michelin et il y aura une bonne blague sur l’Académie française. Nathalie Claude en Frère Jean fait preuve d’un extraordinaire sens comique, Renaud Lacelle-Bourdon est un professeur délicieusement pontifiant et Paul Ahmarani, ce Pèlerin désespéré, n’est plus capable de rire et a donc perdu ce qui fait le propre de l’homme. Cynthia Wu-Maheux, Panurge au féminin, crie un peu trop et si des moutons font leur apparition dans la pièce, le lien n’est jamais apparent entre ce qui se produit et l’esprit rabelaisien voulant dénoncer ceux qui suivent sans se poser de question, situation on ne peut plus d’actualité encore aujourd’hui.

 

Car, avouons-le, bien peu de gens qui vont voir cette pièce ont lu et connaissent Rabelais. Et il y a bien davantage chez cet auteur que ses blagues pipi-caca-poil. Rabelais prône la solidarité et la convivialité pour aider les humains à résoudre les énigmes de leur existence. Il n’y a qu’une très légère référence dans la pièce à l’abbaye de Thélème où la devise était Fais ce que voudras, ce qui ne voulait pas dire la licence totale. Rabelais croyait l’homme fondamentalement bon et à la possibilité d’une société sans contraintes ni conflits misant sur les valeurs de l’éducation et de la culture. Ce qui va bien au-delà des blagues de potaches se spécialisant dans le mauvais goût.

Rabelais a la particularité de se retrouver au carrefour d’une culture savante et d’une culture populaire, célébrant le corps humain sans fards mais aussi l’esprit, la lecture et la musique. Lorsque Panurge demande à manger en 14 langues (l’espagnol, l’italien, le basque, l’anglais, le turc, l’écossais etc.) cela devrait servir à nous rappeler que Rabelais a contribué à libérer le langage, à introduire de nouveaux mots et de nouvelles expressions et qu’il ne craignait pas les emprunts qui enrichissent les concepts de la pensée. Hélas, le texte de Prouesses et épouvantables digestions… ne s’attarde qu’au côté estudiantin et évacue la substantifique moelle de cet auteur à la fois débonnaire et profond.

 

Marie-Claire Girard

 

Crédit photo : Hugo B. Lefort

 

Prouesses et épouvantables digestion du redouté Pantagruel : au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 20 octobre 2018.


28/09/2018
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